CLOCK OPERA

VENDREDI 23 JUILLET, VILLA NOAILLES, 19:00

Il y a quelques mois, ce groupe britannique porté par l’énigmatique Guy Conelly a été désigné par plusieurs blogs qui valent leur pesant de cacahuètes comme l’un des groupes à surveiller pour l’année 2010 – et l’année 2010, c’est maintenant, les enfants. Avec sous le bras deux singles sortis en catimini – mention très spéciale pour le second, A Piece Of String, réalisé en juin sur la structure hexagonale Maman Records – et quelques remixes/relectures acrobatiques – Au Revoir Simone s’en souvient encore –, Guy et ses amis façonnent une pop artisanale et aérienne, où se bousculent, pêle-mêle, les noms abscons de Merz ou Durutti Column… Clock Opera au MIDI ? Autant de bonnes raisons d’être plus que jamais à l’heure.
REMPLACE DOMINANT LEGS INITIALEMENT PREVUS
Clock Opera on the web
http://www.myspace.com/clockopera

FERGUS & GERONIMO

VENDREDI 23 JUILLET, VILLA NOAILLES, 20:00

Lebrac & l’Aztec ! Eh oui, si Andrew Savage et Jason Kelly avaient stationné en Franche-Comté plutôt qu’au fin fond du Texas, Denton, voilà comment la doublette s’appellerait. Parce que Fergus & Geronimo sont les noms des deux chefs de gang juvéniles qui s’écharpent dans l’adaptation britannique de La Guerre Des Boutons. Les bitoniaux que Savage (membre de Teenage Cool Kids) et Kelly (à l’œuvre dans Wax Museums) manipulent sont plutôt ceux d’une machine à remonter le temps crashée à Detroit dans les années 60, là où la sensualité exaltée de Motown voisine avec la furie suburbaine naissante. Comme si le MC5 de Back In The USA était réinventé par le Sam Cooke de Wonderful World, Fergus & Geronimo carambolent garage et doo wop, rock’n’roll originel et soul simplifiée. Une mixture vintage cousine de celle des actuels The Magic Kids, où quand l’Amérique prouve encore que sa meilleure source d’inspiration, de fraîcheur et de régénération gît continuellement au gré d’un passé jamais révolu.

Fergus & Geronimo on the web
http://www.myspace.com/fergusgeronimo

LEE RANALDO
(cc) forklift

VENDREDI 23 JUILLET, VILLA NOAILLES, 21:00

“Ce problème est simple, mais compliqué”. Tels furent les mots d’un professeur qui tentait de compléter tant bien que mal l’énoncé d’une nouvelle énigme mathématique qu’il venait de soumettre à des adolescents bien peu concernés par la chose. Oui certes, Lee Ranaldo est d’abord connu du public pour être depuis trente ans ou presque membre de Sonic Youth, mais le réduire à cette unique étiquette de guitariste/chanteur d’un des groupes majeurs de la musique américaine moderne serait bien trop simpliste. Musicien, écrivain, poète, producteur ou encore artiste visuel, Lee Ranaldo est l’homme de plusieurs emplois du temps qui se rejoignent pour former une œuvre puissante, toujours ouverte à l’expérimentation. Philosophiquement proche du libre esprit qui a toujours caractérisé le groupe new-yorkais, MIDI laisse cette année carte blanche à cet improvisateur reconnu qui pourrait bien proposer un concert acoustique, au calme et à l’ombre des arbres des jardins de la Villa Noailles… Qui pourrait bien, ou non, ou presque. Qui sait ? S’affranchissant une nouvelle fois des carcans d’une industrie du spectacle vivant qui voudrait systématiquement lier prestation scénique et actualité discographique, le MIDI-Festival fait le choix d’un artiste rare, visionnaire et totalement imprévisible.

Lee Ranaldo on the web
http://www.leeranaldo.net

VIVIAN GIRLS

VENDREDI 23 JUILLET, VILLA NOAILLES, 22:00

Sans sa dose annuelle de shoegazing, le MIDI-Festival ne serait plus tout à fait le mê. Ainsi, donc, pour l’édition 2010, Cassie Ramone, Kickball Katy et Ali Koehler viendront pimenter une soirée contrastée, métallique et bruyante. Succédant à l’éternellement jeune guitariste sonique Lee Ranaldo, les trois filles de Brooklyn rafleront la mise de larsens, en parcourant le répertoire de Vivian Girls (2008) et Everything Goes Wrong (2009) – deux albums qui les ont solidement ancrées sur la carte de l’internationale noisy pop. Nostalgiques de The Raincoats, Talulah Gosh ou Black Tambourine, ne passez surtout pas votre chemin. Un indice ? Le premier groupe de Kickball Katy s’appelait We’re Not Virgins…

EGYPTIAN HIP HOP

VENDREDI 23 JUILLET, VILLA NOAILLES, 23:00

Egyptian Hip Hop mon oeil ! Ni amateurs de prose rappée, ni bercés sur les rives du Nil, les quatre Mancuniens à peine pubères qui forment ce groupe créateur d’excitation sont plutôt présentés comme la relève d’une scène locale dont la presse aime à mythifier les nouveaux fleurons en deux temps, trois mouvements. Si Rad Pitt, leur premier coup d’éclat, les plaçait sur la case mélancolique de l’échiquier britannique – comme une version en culotte courte de The Cure –, la deuxième saillie Wild Human Child, produite par Sam Eastgate de Late Of The Pier, les envoie plutôt bouler du côté des exactions punky fonky de DFA. Ce vendredi, lors d’une clôture du premier jour que l’on pressent torride, on parie un cubitainer de rosé que pas un spectateur ne restera impassible comme le sphinx.

Egyptian Hip Hop on the web
http://www.myspace.com/egyptianhiphop

MEMORYHOUSE
(c) derek o’donnell

SAMEDI 24 JUILLET, PLAGE DE L’ALMANARRE, 15:00

Révélé en début d’année par le Ep digital The Years, hanté par quatre mélodies embrumées et éternelles, ce duo masculin-féminin, né sur le campus de la tranquille bourgade canadienne de Guelph, ne cesse depuis d’enchanter nos jours comme nos nuits. Histoire de donner quelques indices, ces jeunes gens ont naguère repris Grizzly Bear et Nico. Mais peu importe, tant leur folk postmoderne drapé dans une mélancolie bleutée n’a rien à envier aux chansons de leurs aîné(e)s. Effrontément jeunes et doués, Evan Abeele (lui, instruments) et Denise Nouvion (elle, chant, photographies) bâtissent un univers mélodique à la fragilité assumée, où la mélancolie est reine, le spleen, idéal, et la beauté, souveraine.

TORO Y MOI
(cc) Spektacles

SAMEDI 24 JUILLET, PLAGE DE L’ALMANARRE, 16:15

En provenance de Caroline du Sud, Chaz Bundick, alias Toro Y Moi (prononcez “taureau y moï”), est l’un des plus brillants représentants du courant baptisé chillwave ou glo-fi, selon les appellations. Autrement dit, cette pop rêveuse qui trempe l’électronique dans un bain de samples hip hop joués par des synthétiseurs lo-fi, en regardant de trop près les rayons du soleil. À l’instar de son copain de Washed Out, avec lequel il fomenta le projet Lifepartners, l’Américain n’est pas le perdreau de l’année. Paru en plein hiver, son premier album, Causers Of This, continue de faire des vagues jusque sur la French Riviera. Un ressac est programmé, le samedi 24 juillet, sur la déjà mythique MIDI magic plage.

Toro y Moi on the web
http://www.myspace.com/toroymoi

KPTMICHIGAN

SAMEDI 24 JUILLET, VILLA NOAILLES, 19:00

Depuis une quinzaine d’années, Michael Beckett, guitariste de formation, promène sa silhouette dégarnie dans le paysage international de la pop oblique. Si l’Allemand binoclard, frère de son de l’Autrichien Christian Fennesz, a publié sorti trois disques confidentiels l’an passé, son influence reste toujours aussi prégnante – tout le monde a encore en mémoire sa reprise lunaire des Smiths enregistrée au début de la décennie avec Schneider TM, l’un de ses multiples projets. Pour sa cinquième participation au MIDI-Festival – un record qui en fait le parrain du festival –, Kptmichigan retrouvera backstage ses amis de Get Back Guinozzi!, dont il a remarquablement mixé leur premier album, Carpet Madness (2009). De là à les voir réunis pour un happening dans les jardins de la Villa Noailles…

Kptmichigan on the web
http://www.myspace.com/kptmichigan

MINA MAY

SAMEDI 24 JUILLET, VILLA NOAILLES, 20:00

Le groupe Mina May est de Toulon, et s’il n’est pas composé de marins, il en a le goût des voyages. Après un an passé au Canada, qu’ils ont documenté par un road-movie musical, ces bourlingueurs revendiquent des influences qui pourraient bien constituer la discothèque idéale, de Thelonius Monk à Pavement, de Brenda Lee à Pink Floyd. Mais chez eux, point de name-dropping innocent. À chaque concert, c’est toute cette diversité d’univers sonores que le groupe, aux membres interchangeables, réussit à réunir dans un énorme zeppelin rock et krautpop – et le pire, c’est qu’il décolle. Du point A au point B, la beauté du voyage vient du trajet, souvent psychédélique mais jamais approximatif. Un don indéniable de Mina May pour les mélodies vient soutenir l’ouvrage et vous rappelle que, si voyage il y a, c’est en première classe.

KINDNESS

SAMEDI 24 JUILLET, VILLA NOAILLES, 21:00

À l’image de son leader Adam Bainbridge qui, à défaut de rencontrer la presse, inonde son profil MySpace de reprises hallucinées et hallucinantes, Kindness cultive le mystère. Un concert à Berlin, une apparition dans un squat londonien, une vidéo sur-réaliste… Il n’en fallait pas moins pour accroître un engouement déjà suscité par leur lumineux et sautillant single Gee Up. Les Anglais de Kindness brouillent les pistes tandis que l’on cherche des mots pour décrire leur musique : no-fi, rythme élastique, funk futuriste passé au travers d’un filtre de mescaline… Ah ouais, Ariel Pink s’est accouplé avec James Brown, en fait ? On est déjà addict.

WU LYF

SAMEDI 24 JUILLET, VILLA NOAILLES, 22:00

La seule chose que la presse sait, avant la présence de Wu Lyf au MIDI-Festival, c’est qu’on ne sait rien de ce collectif de Manchester. Un bel objet, sacré et intriguant, Saint-Suaire musical dont on peut compter les traces et les apparitions sur les cinq doigts de la main. Les reliques que le groupe distille creusent le mystère – leur MySpace est cryptique. Sur leur site Tumblr, on découvre leur manifeste le plus complet : un clip qui révèle un morceau ambitieux, torturé et poétique, accompagné d’images d’exploitation de l’homme par l’homme, et de sa mise en scène de la cruauté. Militants, situationnistes, slackers ou tout cela à la fois ? La Villa Noailles et ses festivaliers seront ouverts à tout le 24 juillet – on ne sait pas encore si on y dressera des barricades ou un autel, mais Wu Lyf se présentera enfin.

MEMORY TAPES
(cc) Incision

SAMEDI 24 JUILLET, VILLA NOAILLES, 23:00

Dayve Hawk est notre nouvel ami américain. Caché derrière ses vrais airs de compositeur autiste (il a déjà trois projets derrière lui) et de remixeur taiseux (il s’est, entre autres, occupé de… Britney Spears, Yeasayer, Midnight Juggernauts, Phoenix ou Crystal Castles), le jeune homme, unique tête pensante de Memory Tapes, s’est révélé par blogosphère interposée l’an dernier. Et a fini par sidérer tous ceux ayant prêté l’oreille à son premier album Seek Magic, disque magnétique et obsédant. Accompagné d’un batteur aux allures de boîte à rythmes humaine, ce natif du New Jersey déploie sur scène ses chansons électrorgiaques et transforme n’importe quel endroit en dancefloors décadents, besognés par les coups d’une musique rétrofuturiste, perdue à mi-chemin entre le Prince de 1999 et le New Order de Low-Life. Vous dansez maintenant ?

Memory Tapes on the web
http://www.myspace.com/memorytapes

L’AMATEUR

SAMEDI 24 JUILLET, PLAGE DE L’ALMANARRE, FROM 0:00

Désamorçons tout de suite les doutes laissés par son pseudonyme. Non, L’Amateur n’est pas derrière les platines par hasard, oui c’est un mélomane acharné, un collectionneur compulsif. Dj éclectique, L’Amateur façonne des sets nourris d’influences variées: electro, disco, hip hop, voire pop, il mélange les styles et les époques ! Tout mais pas n’importe quoi, ni n’importe comment : un son décalé mais bien calé grâce à une technique efficace et audacieuse. Collaborateur habituel des festivals Territoires Electroniques, Nu-ZIq ou Seconde Nature, en 2008 il rejoint A1unisson (organisateur du festival Aires libres). L’AMATEUR est aussi rédacteur en chef et dj de l’émission Bienvenue au Club sur Radio Grenouille (Marseille).

RICHARD SEN

SAMEDI 24 JUILLET, PLAGE DE L’ALMANARRE, FROM 0:00

Le Londonien Richard Sen est revenu sur le devant de la scène avec le duo Padded Cell, auteur d’un album remarqué brassant de solides rythmes électroniques avec des influences punk funk et cosmic disco. Mais sa carrière artistique a commencé en 1985: sous le pseudo Coma, il est en effet un pionnier du graffiti anglais. Il alterne voyages à New York et séjours en prison qui le poussent à troquer les bombes pour les platines. Résident du mythique Heavenly Social, producteur sous l’alias Bronx Dogs, Richard Sen alterne depuis en solo ou avec Padded Cell des remixes, edits et dj sets façon panoramique : une bonne dose de House contemporaine et des nuances vintage et stylistiques toujours réjouissantes.

Richard Sen on the web
http://www.myspace.com/richardsen1

ANDREW WEATHERALL
(cc) Tom McShane

SAMEDI 24 JUILLET, PLAGE DE L’ALMANARRE, FROM 0:00

Depuis plus de vingt ans, son nom hante les mémoires des mélomanes avertis: Fin 80’ Andrew Weatherall remixe Happy Mondays et My Bloody Valentine, il produit aussi « Screamadelica » (Primal Scream) album-manifeste pour une génération qui gardait un pied dans les concerts rock et posait l’autre sur le dancefloor. Dans les 90’s, il enfonce le clou de l’hédonisme house, puis se remet en question en créant Two Lone Swordsmen, duo electro aride qui trouve naturellement sa place sur le label Warp. En 2009, son premier vrai disque solo sorti fait figure de bilan où il mêle sa science du groove poisseux à ses obsessions rock garage. Derrière les platines, c’est sa facette la plus électronique qu’il montre volontiers, mais la plage du Midi Night pourrait lui procurer des montées de nostalgie inattendues…

AIR WAVES

DIMANCHE 25 JUILLET, VILLA NOAILLES, 19:00

Trio formé autour de sa chanteuse Nicole Schneit, les New-Yorkais d’Air Waves (en deux mots et en référence à un titre de Robert Pollard, ex-Guided By Voices) traînent leur folk pop sur des mélodies poivrées et entêtantes. La recette est imparable : prenez des paroles simples, une voix asexuée, une dose de Neil Young pour la poésie, une autre de Nirvana pour l’héritage grunge et battez délicatement jusqu’à l’obtention de chansons aussi légères qu’une bulle de chewing-gum parfum fraises des sous-bois. La formule produit généralement l’effet suivant : une envie irrésistible de se mettre des fleurs dans les cheveux, mais pas trop… Un peu comme si un épisode de la petite maison dans la prairie avait tourné façon Arizona Dream. Insaisissable.

CLARA CLARA

DIMANCHE 25 JUILLET, VILLA NOAILLES, 20:00

Composé de François Virot à la batterie, de son frère Charles à la basse et d’Amélie Lambert aux synthétiseurs, Clara Clara est un groupe taillé pour embarquer le public du MIDI-Festival dans une grande partie de plaisir et de têtes secouées. Jams jubilatoires que martèlent une basse saturée et d’entêtantes ellipses Bontempi, les concerts de Clara Clara mettent tout le monde d’accord et tout le monde debout – même François, baguettes aux poings. De son projet solo (une performance remarquée l’an passé ici même) à Clara Clara, un point commun : cette facilité déconcertante à faire de bonnes chansons pop, à des centaines de BPM de dénivelés. Une ascension hypnotique entre amis, à ne pas manquer.

YUCK
(c) Jon Bergman

DIMANCHE 25 JUILLET, VILLA NOAILLES, 21:00

Il faut entendre Automatic pour croire à jamais en Yuck. Une chanson de si peu qui tance si fort, un piano si esseulé qui ameute tant d’émotions, une mélodie si fine qui ravage tellement. Rarement le dépouillement du geste aura été sublimé par un tel hymne expressif. Cette manie lo-fi et cette obsession pour la vérité pop, Yuck sait les décliner de façon plus jubilatoire, les tourner rageusement en bourrique ou les caresser doucettement jusqu’à un orgasme qui puise ses vertus érectiles en pleine quintessence nineties, entre électricité supersonique et bonté twee. Signé le temps d’un single sur l’émérite blog et label Transparent, le quatuor anglo-américain n’a depuis eu de cesse d’amplifier son aura, jusqu’à apparaître en première partie de… Dinosaur Jr lors du dernier festival All Tomorrow’s Parties. La prestation au MIDI accélérera une trajectoire montante d’autant plus admirable qu’elle s’amorça sur un fil aussi ténu que courageux.

THE STRANGE BOYS
(cc) Sal y Sus Photos!

DIMANCHE 25 JUILLET, VILLA NOAILLES, 22:00

Parlons voitures : la musique des Strange Boys pourrait être une Plymouth Fury de 1958, immortalisée par Christine de Stephen King, filant sur une route poussiéreuse du Texas, d’où le groupe est originaire. On y conduit en regardant le rétroviseur : les Strange Boys jouent du rock’n’roll, de l’époque ou le genre se suffisait à lui même sans qu’on y rajoute de préfixes. La sonorité des guitares, la fausse simplicité des mélodies, les chœurs féminins, les solos de saxophone et la raide nonchalance du leader – tout nous ramène au passé. Plus que la Plymouth, on aurait peut-être alors affaire à la Delorean de “retour vers le futur” à bord de laquelle une demi-douzaine de gamins des années 60 viendraient au MIDI-Festival en 2010, séduire les filles, leurs mères, et nous balancer un peu de plomb texan dans les oreilles.

The Strange Boys on the web
http://www.myspace.com/thestrangeboys

LONELADY

DIMANCHE 25 JUILLET, VILLA NOAILLES, 23:00

Julie Campbell, alias LoneLady, pourrait être le nom d’un dark hero de Frank Miller, silhouette nocturne dans un Manchester saisissant de contrastes noir et blanc, mèche rousse cachant son visage, et Telecaster sous le pardessus. De sa pop minimaliste et post-punk, se dégage une fascinante rigueur, voix et guitare tendues à l’extrême, vibrato captivant. Guitariste-chanteuse ou chanteuse-guitariste, la demoiselle ne vous demande pas de choisir. Sa détermination sombre et appliquée l’écarte de toutes comparaisons et autres étiquettes, qu’elles soient capillaires, sexuelles et même musicales – trop souvent rapprochée de ses pairs mancuniens Joy Division, The Fall et P.I.L. Elle a davantage hérité de l’âme-noirceur de sa ville que des groupes qui en ont fait la renommée. Les pins de la Villa Noailles ne vous protègeront pas de ses riffs acérés.

Textes : Christophe Basterra, Nathalie Enamorado, Olivier L’Amateur, Régis Laugier, Jean-François Le Puil, Henry Michel et Franck Vergeade.