Thursday, October 9th, 2008
STILL CORNERS

VENDREDI 10 DECEMBRE, OPERA DE TOULON
Depuis quelques semaines – depuis l’été, en fait –, le nom de Still Corners est sur toutes les lèvres – et pas que les lèvres que l’on suppose délicieusement humides de la chanteuse à la blondeur aveuglante. Il faut dire que la surprise partie à laquelle le quatuor londonien nous convie a de quoi donner le tournis. Lou Reed fait du pied à Hope Sandoval, quand Jim Reid fait du gringue à Vanessa Redgrave. Certes, Malcolm McDowell en pince pour Dusty Springfield et Marianne Faithfull s’est mise en tête de coucher avec Christopher Owen, alors que l’aube se pointe à l’horizon. Après un mini-LP et une poignée (poignet ?) de singles – dont le joliment intitulé Don’t Fall In Love –, Still Corners distille une avant-pop vertigineuse et suscite l’excitation. Et rappelle surtout le précipice des premières amours. Nous, on saute. Vous venez ?
http://www.myspace.com/stillcorners
Billetterie Midi Festival
DARKSTAR

VENDREDI 10 DECEMBRE, OPERA DE TOULON
Au sein de l’écurie Hyperdub, qui a couvé ces dernières années les hérauts minimaux du genre electro rythmique (le fondateur Kode9, The Bug, Zomby, Burial…), s’épanouit depuis deux ans Darkstar, peut-être le plus accessible des fers de lance précités. Après l’insubmersible single Aidy’s Girl’s A Computer, le duo londonien fera surgir les cliquetis sensoriels et vrombir le vocoder sur un premier album paru à l’automne, North. Parmi les dix titres du disque composé par James Young et Aiden Whalley, on trouve la stance sensuelle et parasitée Gold, une reprise de Human League comme l’apogée du dub pop moderne fantasmé par Darkstar.
http://www.myspace.com/hyperdub
Billetterie Midi Festival
YOUNG MARBLE GIANTS
(cc) alejandro dagnino
VENDREDI 10 DECEMBRE, OPERA DE TOULON
Dès sa sortie, un beau jour de février 1980, leur disque était inclassable. Trente ans plus tard, ça n’a pas changé. On a beau chercher dans les rayons les plus poussiéreux de sa discothèque – ou les tréfonds de l’Internet –, impossible de trouver un équivalent à cet album. Une boîte à rythmes crachotante et une basse caoutchouteuse (Phil Moxham) assurent les fondements de morceaux haïku, à peine décorées par un riff de guitare ou un clavier lancinant (Stuart Moxham), alors que la voix désespérément blanche d’Alison Statton file de drôles de frissons. Armé de son minimalisme vertigineux en guise de déclaration d’intention, Colossal Youth ne pouvait avoir de descendance. D’ailleurs, ses auteurs l’ont compris, choisissant le hara-kiri fulgurant au lieu de s’essayer à jongler avec le temps. Aujourd’hui, trois ans après avoir goûté à nouveau sur scène à cette “jeunesse” passée, respectueux de leur politique de concerts sporadiques, Allison et la fratrie Moxham (désormais augmentée d’Andy à la batterie) ont donc choisi le MIDI-Festival pour divulguer leurs mélodies surannées, en équilibre vertigineux entre naïveté confondante et insolence aveuglante, drapées dans un rigorisme effronté et tourneboulant. Légendaire, forcément.
www.myspace.com/youngmarblegiants
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JONATHAN DEMME TALKING HEADS: STOP MAKING SENSE

SAMEDI 11 DECEMBRE, CINEMA HENRY VERNEUIL, 14:00
Inclassables et précurseurs : tels étaient les Talking Heads, quatuor né à New York en 1975 et décédé à la fin de la décennie suivante. Entre ces deux dates, ces gens-là ont intellectualisé le rock, apprivoisé le funk, pactisé avec Brian Eno. Ils ont dessiné les contours de la world music, et baptisé par le biais d’un de leurs titres, Radio Head, l’un des groupes les plus marquants de ces dernières décennies. Ils ont aussi fricoté plus que de raison avec le Septième Art… C’est après avoir vu le groupe sur scène à l’été 1983 que Jonathan Demme (futur réalisateur du clip The Perfect Kiss de New Order ou du Silence Des Agneaux) nourrit la drôle d’obsession de le filmer en concert. Réalisé en 1984, Stop Making Sense (un titre piqué au texte de Girlfriend Is Better) se démarque des précédentes tentatives du genre, et de LA référence en la matière, le fameux The Last Waltz (1978) de Martin Scorsese sur The Band. Car ici, toute dimension documentaire (interviews, scènes backstage, images du public en délire) est éradiquée pour mieux offrir au spectateur le vertige définitif d’assister à un show “en direct”. Et lui donner l’opportunité éternelle de découvrir un savant fou menant à la baguette une formation devenue multiple, à la mixité d’une parfaite cohérence. Chef-d’œuvre autant cinématographique que musical, Stop Making Sense est le témoignage saisissant (et historique) de l’originalité de la troupe de David Byrne saisie à son firmament.
SUMMER CAMP

SAMEDI 11 DECEMBRE, LES VARIETES (TOULON)
MIDI fait flotter un enivrant parfum estival au cœur de l’hiver… Supposément sept amis échappés d’un camp de vacances suédois, Summer Camp aura cultivé le mystère jusqu’à la sortie printanière du single Ghost Train. C’est dans leur chambre que le duo londonien, composé de Jeremy Warmsley et Elisabeth Sankey, bricoleront les six morceaux du Young EP disponible, depuis la rentrée, sur le label Moshi Moshi (Au Revoir Simone, The Drums…). Faussement vintage, l’electro pop lo-fi du couple est savamment relayée par des vidéos et une imagerie geek façon Diabolo Menthe. Alors, est-ce que tu viens pour les vacances ?
http://www.myspace.com/summercampmusic
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MARNIE STERN

SAMEDI 11 DECEMBRE, LES VARIETES (TOULON)
Rare musicienne hors pair et hors catégorie dans un monde trop souvent masculin, Marnie Stern pourrait être une icône du girl power. Pourtant, cette New-Yorkaise de trente ans n’a pas dû passer son adolescence à répéter les chorégraphies des cinq Anglaises hystéros initiatrices du concept. Son truc, c’était plutôt de s’entraîner à jouer aussi vite qu’Eddie Van Halen et, très probablement, collectionner les chemises de bûcheron. Entre envolées lyriques et tapping, Marnie Stern est l’une des rares artistes à disposer d’une telle technique – on parlera même de virtuose. Difficile de trouver des influences à sa musique (Bruce Springsteen, Television ou Erase Errata) qui semble non hiérarchisée, comme passée dans un entonnoir… À Toulon, on entend parfois “On veut du rock !”. Ça tombe bien, le 11 décembre, il y en aura.
http://www.myspace.com/marniestern
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YUSSUF JERUSALEM
(cc) Bekah Cope
SAMEDI 11 DECEMBRE, LES VARIETES (TOULON)
OVNI hexagonal de l’année, Yussuf Jerusalem claque son pseudonyme comme un oxymore provocateur. Débusqué par la tête chercheuse du label Born Bad Records (Cheveu, Frustration, Magnetix), ce natif de Saint-Ouen surfe sur le rock garage sixties, qu’il chahute avec un mélange d’insolence et de je-m’en-foutisme. D’ailleurs, ses prestations débraillées augurent d’un joyeux bordel sonique pour les oreilles chastes. En escale au MIDI-Festival d’hiver, Benjamin Daures et ses comparses livreront quelques saillies abrasives de l’album A Heart Full Of Sorrow, histoire de battre le fer quand il est chaud.
http://www.myspace.com/ridersofallah
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